Des larves au service de l’art par Hubert Duprat

L’originalité ne manque pas dans la collection de bijoux d’Hubert Duprat. Celui-ci a en effet eu l’idée d’exploiter un principe tout à fait singulier pour créer sa gamme. Il faut avouer que la nature fait souvent bien les choses, et en partant de ce principe, il a mis au travail une espèce d’insectes, les trichoptères.

Ces derniers vivent généralement près de nos rivières, sortes de petites mites, qui à l’état larvaire sont particulièrement vulnérables. Ils sont en effet confrontés à des prédateurs sans merci, les poissons, pour lesquels ils sont une proie de choix. Ainsi, pour se protéger, ces larves fabriquent un abri de fortune dans lequel elles peuvent s’abriter, et ainsi parvenir à grandir jusqu’à en devenir adultes.

Pour réaliser cet abri, la larve de phrygane (ordre des trichoptère) va se servir de tout ce qu’elle dénichera dans les environs : des cailloux ou graviers, des morceaux de bois, des feuilles, et tous les éléments qu’elle aura à sa portée pour que ce tube soit solide, et qu’il la protège des prédateurs. Elle sécrète alors une soie qui a la faculté de relier entre eux tous ces éléments. On trouve alors fréquemment de petits cylindres assez réguliers, quasiment artistiques, qui leur servent de petite maison pour se développer tranquillement. Le résultat est assez bluffant.

L’esthétisme dans le règne animal

Il a déjà été par ailleurs remarqué que certains animaux avaient un véritable sens de l’esthétisme. Par exemple, des espèces d’oiseaux doivent construire des nids aptes à plaire aux femelles, et au delà même de sa solidité, leurs partenaires vont également examiner l’aspect visuel de celui-ci, et choisiront alors celui qui aura le plus joli style.

Cela peut mettre en avant un certain attrait pour ce qui est beau, chez certaines espèces, et sans le vouloir, le trichoptère en est doté, puisque ses tubes sont souvent très esthétiques, avec une rare régularité, un savant assemblage de petits éléments comme une mosaïque. C’est justement ce concept qu’a décidé d’exploiter Hubert Duprat dans cette collection si particulière. Il utilise les dons de cet insecte pour faire de ces tubes de véritables pièces de joaillerie.

Des bijoux d’une solidité exemplaire

On pourrait se dire qu’il ne s’agira peut-être pas d’objets très solides, et on se trompe : en effet, les petits insectes synthétisent une soie ultra puissante, véritable colle ultra-forte, qui est parfaite pour lier les éléments entre eux, garantissant alors une qualité exceptionnelle de réalisation, d’où la possibilité de pouvoir exploiter le don de ces petites bêtes afin de fabriquer ces jolies pièces. La seule différence, c’est que les bijoux ne sont pas fabriqués avec de petits graviers, mais avec des matériaux un peu plus précieux.

Ainsi, pour sa collection, ce sont bien évidemment des pierres précieuses, des perles, ainsi que de petites pépites d’or et autres tiges qui sont utilisés. Hubert Duprat place les insectes dans des vivariums aquatiques, au fond desquels il dépose les matières premières. Les insectes, instinctivement, vont aller ramasser tous ces éléments pour fabriquer leur tube de protection, petit à petit, jusqu’à obtenir un abri satisfaisant.

Ces matériaux précieux sont liés judicieusement grâce à la soie, et donnent à la fin de magnifiques créations, dont il est difficile de détourner le regard, tant c’est réussi. Et pour avoir un aperçu de la collection et voir à quoi ressemblent ces bijoux à proprement parler, n’hésitez pas à vous rendre sur le blog bijou de Lily, qui vous dévoilera tout de ces créations hors du commun, utilisant la nature.

Une originalité que l’on ne peut démentir

L’avantage pour le créateur, c’est qu’il offre à ses clients des modèles tout à fait originaux. Ils ne ressemblent en effet à rien d’autre de ce qui existe sur le marché, et le procédé étant unique, il a aussi les faveurs des acheteurs, qui peuvent alors se vanter de porter un bijou fabriqué par un insecte : incroyable. Cela explique en partie le succès rencontré par ces pièces, la singularité de la fabrication a joué en faveur de la gamme d’Hubert Duprat. Cela est indéniable.

Son seul travail ensuite est de réaliser le montage des tubes pour en faire des bijoux. La majorité du travail réalisé a été fait par ces petites bêtes, ce qui représente un avantage supplémentaire pour le créateur. Et bien sûr, ce qui fait la différence, c’est l’unicité de chaque pièce.

Les insectes attrapent à leur guise les éléments qu’ils souhaitent pour réaliser leur tube, ils les assemblent comme ils le souhaitent, et il n’y a pas un seul tube qui ressemble à l’autre. Les petites bêtes ont vraiment du talent, et le résultat absolument unique, ne manque pas d’esthétisme.

Tous ces éléments font de cette collection quelque chose de fascinant, que l’on n’a vu nulle part auparavant. Ce petit côté naturel est absolument séduisant, et il s’inscrit parfaitement dans notre époque, où l’on pense davantage à l’environnement et aux autres espèces vivant sur notre planète. Vous allez changer d’avis sur les insectes… de sacrés bâtisseurs